Budget 2027 : 200 millions d'euros de moins pour MaPrimeRénov
Les crédits de l'Anah baissent pour 2027 et les travaux isolés de rénovation énergétique dépendront de plus en plus des CEE, pas de MaPrimeRénov'.
Le gouvernement a publié jeudi les crédits qu'il prévoit d'allouer à l'Agence nationale de l'habitat (Anah) en 2027 : 1,2 milliard d'euros, contre 1,4 milliard d'euros en 2026, soit 200 millions d'euros de moins, selon 20 Minutes. C'est cette agence qui distribue MaPrimeRénov', l'aide à la rénovation énergétique, ainsi que MaPrimeAdapt', l'aide à l'adaptation du logement au handicap et à la vieillesse.
Selon le média, l'annexe budgétaire justifie cette baisse par le « recentrage de la rénovation énergétique sur la décarbonation » et par le fait que les « gestes » isolés (un seul type de travaux à la fois, par opposition à une rénovation globale) ne seraient désormais financés que par les certificats d'économies d'énergie (CEE), ces primes versées par les fournisseurs d'énergie. Le gouvernement n'a pas précisé, à ce stade, le budget propre à MaPrimeRénov', ni si cette baisse de 200 millions d'euros serait compensée par davantage de CEE, comme cela avait été le cas pour le budget 2026, rapporte 20 Minutes.
Le média cite Maxime Ledez, chercheur à l'Institut de l'économie pour le climat, qui note qu'il est « difficile de déterminer le niveau de soutien à la rénovation énergétique du parc privé » en ne regardant que le projet de loi de finances, tant les CEE ont pris de poids dans le financement des gestes isolés.
Ce qui a déjà changé pour les propriétaires
Cette annonce budgétaire confirme une évolution déjà en place depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 : MaPrimeRénov' « par geste » ne finance plus, en métropole, qu'une liste resserrée de travaux (pompe à chaleur air-eau, pompe géothermique ou solarothermique, raccordement à un réseau de chaleur, dépose de cuve à fioul, audit énergétique). L'isolation des murs, les fenêtres, le chauffe-eau thermodynamique ou solaire et les poêles à bois ne sont plus finançables par geste : ils ne le sont que dans le cadre d'une rénovation d'ampleur, avec gain d'au moins deux classes de diagnostic de performance énergétique (DPE) et accompagnement obligatoire par un Mon Accompagnateur Rénov'.
Concrètement, pour un ménage qui veut isoler ses murs ou changer ses fenêtres sans engager une rénovation globale, l'aide publique directe de l'Anah n'est déjà plus une option : il faut compter sur les CEE, à engager avant la signature du devis, et sur l'éco-prêt à taux zéro pour étaler la dépense sans condition de revenus. La baisse de crédits annoncée pour 2027 ne fait que confirmer que cette bascule vers les CEE est amenée à durer, plutôt qu'à être un ajustement temporaire.
La pompe à chaleur reste l'aide la plus solide
Parmi les gros postes de rénovation énergétique, l'installation d'une pompe à chaleur air-eau Pompe à chaleur air-eau reste, pour l'instant, dans le périmètre « par geste » de MaPrimeRénov', avec des montants qui dépendent des revenus du foyer. Pour une maison individuelle, le coût typique tourne autour de 13 500 € TTC, avec une fourchette de 10 600 € – 17 600 €, avant déduction de l'aide. C'est aussi l'un des rares équipements de chauffage qui bénéficie de la TVA réduite à 5,5 % sur la fourniture et la pose.
Isolation et fenêtres : compter sur les CEE et l'éco-PTZ
Pour une isolation thermique par l'extérieur Isolation thermique par l'extérieur, le budget typique se situe autour de 26 000 € TTC pour une maison moyenne, avec une fourchette de 20 300 € – 33 800 €. Pour un remplacement de fenêtres Remplacement de fenêtres, comptez en moyenne 6 000 € TTC, entre 4 700 € – 7 850 € selon le matériau des menuiseries. Dans les deux cas, sans rénovation d'ampleur, l'allègement viendra des primes CEE négociées avec un fournisseur d'énergie avant tout engagement de travaux, et éventuellement d'un éco-PTZ pour lisser la dépense sur quinze ans.
Ce que cela change pour vos devis
Avec des aides publiques plus ciblées et des CEE devenus centraux pour financer l'isolation ou les fenêtres, la qualité du devis compte plus que jamais : un artisan certifié RGE est obligatoire pour toucher la moindre aide, et le montant des CEE varie sensiblement d'un fournisseur d'énergie à l'autre. Avant de signer, nous recommandons de comparer votre devis à nos fourchettes de prix par projet, calculées à partir des heures de main-d'œuvre et des tarifs locaux, recoupées avec les prix du marché et de vrais devis, et d'utiliser notre outil pour vérifier si votre devis est cohérent.